Sadek El Bahjaoui, un homme au service de l'art équestre au Maroc

DÉVELOPPEMENT DU CHEVAL BARBE

Sadek El Bahjaoui ne risque pas de chômer au cours des prochains mois. Le célèbre artiste équestre marocain va proposer trois nouvelles créations dès septembre, à l'hôtel Selman Marrakech. L'occasion d'effectuer un retour sur sa carrière, de sa collaboration avec la SOREC à sa rencontre avec Abdeslam Bennani Smires.

La France, la Russie, Hong-Kong, le Japon, la Turquie, la Suisse, les Émirats arabes unis... Il semble que le terrain de jeux de Sadek El Bahjaoui n'ait jamais eu de frontières. Mais cet artiste équestre, qui a longtemps semé son talent aux quatre coins du monde, préfère désormais le cultiver sur ses terres. Sans doute parce que sa passion l'a contraint à quitter le Maroc alors qu’il n'avait que 9 ans. «J'ai toujours su que je rentrerais au Maroc après avoir fait mes armes à travers le monde» confie-t-il. «J'ai constamment eu envie de transmettre, de créer, d'impulser et de faire rayonner la beauté de mon pays à travers toutes ses formes d'art».

En fait, lorsqu'il quitte le Maroc pour la première fois, Sadek s'est déjà éloigné de sa famille depuis trois ans. Dès l'âge de six ans, il a décidé de suivre deux de ses frères aînés partis travailler à une cinquantaine de kilomètres de Marrakech (sa ville d'origine), dans un centre équestre basé à Ouirgane.

Durant ces trois années, il s'est soumis à leurs côtés à un apprentissage de la voltige, au dressage, au travail à pied et à l’acrobatie. Mais en 1991, quand le propriétaire du centre a décidé de rentrer en France, la plupart des membres se sont dispersés.

Toutefois, la rigueur de Sadek a rapidement été récompensée, puisque c'est cette année-là, qu'il quitte le Maroc avec ses deux frères et intègre à Paris, l'Académie Fratellini, un centre de formations aux arts du cirque. Un an plus tard, il rejoint même l'un de ses frères, dans le sud de la France, jeune propriétaire d’une écurie de dressage. Sadek suit alors une formation, et à 11 ans, il découvre l'école. Cela ne l'empêche pas de continuer à alimenter sa passion, le jeune écolier aidant son frère durant les week-end et les vacances.

L’année 1999 marque un tournant dans sa carrière. Sadek est en effet repéré par Bartabas, le célèbre fondateur du théâtre équestre Zingaro et metteur en scène de génie. «Ma rencontre avec Bartabas fut enrichissante au niveau artistique et équestre» explique-t-il. «Il a révolutionné le spectacle équestre. C'est vraiment une référence.»

C'est ainsi qu'à seulement 17 ans, Sadek intègre une des compagnies les plus prestigieuses au monde et participe durant trois années à une tournée à travers l'Europe. Une expérience qui lui donne la volonté et le courage de se lancer dans l'élaboration de son premier numéro: le Guerrier rêveur, un numéro de voltige orientale qui va connaître un franc succès sur les plus belles scènes européennes. Et si la suite de cette expérience le conduit vers une nouvelle tournée de trois ans avec Bartabas, son envie de rentrer au Maroc se fait de plus en plus pressante.

Ainsi, en 2010, après avoir acheté trois chevaux, il décide d'entamer une carrière solo et se rend au Salon du Cheval d'El Jadida. En ce jour d'octobre, Sa Majesté le Roi Mohammed VI est présent dans les tribunes et assiste à différentes représentations, pour la troisième édition de l’événement. Ébloui par le show de Sadek, Sa Majesté lui demande de monter dans sa loge.

Sadek croit tout d'abord à une blague. C’est pourtant un rêve éveillé que va vivre l’artiste. Informé des projets de Sadek, le Souverain lui propose son soutien. A cette époque, le Marrakchi n'a qu'une idée en tête : rentrer au Maroc pour former de jeunes marocains à l'art équestre. «Les choses se sont vraiment accélérées suite à ma prestation au Salon du cheval d'El Jadida et ma rencontre avec Sa Majesté le Roi Mohammed VI», explique-t-il. «La SOREC a cru en ce projet et m’a énormément aidé.» Pendant six mois, Sadek sillonne les régions du Maroc à la recherche de jeunes, capables d'intégrer son programme.

Il en sélectionne six (âgés entre 15 et 30 ans) dont trois cavaliers débutants et trois acrobates. Accompagné de dix chevaux barbes et arabes-barbes, il se produit ensuite avec son équipe aux 4e et 5e éditions du Salon du Cheval d’El Jadida (2011 et 2012) où il présente deux créations: Jemaa El Fnaa et Bladi. Le succès est au rendez-vous et Sadek décide de se projeter vers de nouveaux défis. «La SOREC continue le travail notamment à travers l’école des arts équestres de Marrakech» se réjouit Sadek.

Il devient consultant équestre en 2012, suite à une nouvelle rencontre déterminante: Abdeslam Bennani Smires, cavalier international de sauts d’obstacles et propriétaire du Selman Marrakech, un hôtel de luxe. «Nous nous sommes rencontrés grâce à un ami d'enfance» explique Sadek. «Notre passion commune pour le cheval nous a rapprochés. Depuis, nous sommes devenus de vrais amis et avons décidé de collaborer au sein de son établissement hôtelier.»

Tombé sous le charme de ce magnifique endroit qui abrite notamment deux somptueuses écuries où logent des pur-sang arabes paradant en liberté dans les jardins, Sadek installe alors sa cavalerie en résidence et propose toujours des expériences exclusives autour du cheval.

Ça ne l’empêche pas d’assumer également la fonction d'entraîneur de la Gendarmerie royale. Et de continuer à se produire en spectacle avec ses chevaux lors de galas ou d’événements privés. Baptisé Symphonie Équestre, son dernier spectacle a séduit, au début de l’été, Jean-François Girault, l'ambassadeur de France et son épouse Marie-Cécile Tardieu, lors d’une belle soirée organisée à la Résidence de France (voir pages 80 et 81).

Il poursuit aussi la préparation de trois nouvelles créations d'origines différentes (Cheval d'orient, Danse avec les chevaux et Fantaisies équestres) qu'il va proposer dès septembre dans le somptueux cadre de l'Hôtel Selman, avant de se lancer dans une tournée nationale et internationale à partir de 2018.

Surtout, Sadek partage sa passion avec son fils, Ismaêl lequel a fait sa première apparition sur scène pour l'inauguration de l'institut du cheval Moulay El Hassan de Rabat (en 2013), alors qu'il n'avait que 11 mois et ne savait pas encore marcher.... La relève est déjà assurée !

 

www.sadekequestrianart.com

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