Meeting national du cheval barbe et arabe-barbe: la race barbe grain de beauté de la filière équine

DÉVELOPPEMENT DU CHEVAL BARBE

Le calendrier équestre marocain n’en finit pas de s’enrichir avec de nouvelles compétitions majeures. Après le Meeting International des courses (2015), le Grand Prix de Tbourida de Sa Majesté le Roi Mohammed VI (2016), le premier meeting national du cheval barbe et arabe-barbe a été inauguré au Haras National d’El Jadida (20 au 24 septembre).

Au-delà de l’ambition de créer une compétition emblématique, l’objectif de la SOREC, organisatrice de l’événement, est de poursuivre ses incontestables efforts, loués par tous,  pour promouvoir les races barbes et arabe-barbe ancrées dans le patrimoine marocain.

Utilisés aujourd’hui essentiellement dans les concours de Tbourida, les chevaux barbes et arabe-barbes possèdent un avenir évident pour devenir un véritable vecteur économique, social et culturel du Royaume. C’est le message délivré au grand  public, lors de la tenue de la première édition du meeting national dédié exclusivement au barbe et à l’arabe barbe.

Dire que ce coup d’essai fut un coup de maître est un euphémisme. Le Meeting a connu un franc succès non seulement auprès des éleveurs privés, mais aussi au niveau du grand public, des clubs équestres ou des associations. L’événement est d’ores et déjà une véritable vitrine des potentiels et débouchés de ces races mythiques ainsi qu’une vraie plate-forme de rencontres des professionnels du secteur.

Mohammed Oussidhoum, directeur du Haras National d’El Jadida, joli théâtre de l’événement, est emballé par les promesses nées de ces journées ô combien réussies. «C’est une étape déterminante qui s’ajoute au calendrier des actions mises en place par la SOREC dans le cadre de sa politique de développement de la filière» précise celui qui est une des forces vives au Maroc du combat pour la race barbe.

Il voit plus loin.  «Derrière la promotion du barbe et de l’arabe-barbe, il y a un réel enjeu économique» dit-il. «Aujourd’hui, plus de 80% des chevaux marocains, barbes et arabe-barbe, sont utilisés dans les concours de Tbourida. Nous comptons aujourd’hui plus de 322 sorbas qui utilisent plus de 5400 chevaux. Ce sont des chiffres importants. Nous devons encourager la diversité de l’emploi de la race barbe.»

L’ art équestre traditionnel est indissociable historiquement et culturellement de l’utilisation de ces deux races. «La tbourida a toujours eu un impact socio-culturel au niveau de nos traditions» dit Mohammed Oussidhoum. «Outre les concours officiels organisés chaque année, il faut aussi compter tous les moussems agricoles et les nombreuses festivités comme les mariages et certaines fêtes nationales. En développant d’autres formes d’utilisations modernes de ces deux races, nous pouvons permettre aux éleveurs de produire plus de poulains barbes et arabe-barbe et ainsi les vendre»

Grande thématique de la septième édition du Salon du Cheval d’El Jadida (2014), le tourisme équestre offre une séduisante perspective pour le cheval barbe et arabe-barbe.  Ce n’est un secret pour personne - ni pour les éleveurs, ni pour les professionnels -, le barbe et l’arabe-barbe jouent un rôle majeur dans la promotion de la richesse géographique et touristique du Royaume.  Polyvalents, ces chevaux sont parfaits pour le tourisme équestre d’autant qu’ils démontrent aussi résistance, sobriété, dextérité et adaptabilité.

Ces qualités leur permettent surtout d’être montés facilement par des cavaliers chevronnés ou béotiens. Du coup, ils sont recommandés autant pour l’initiation à l’équitation que pour les randonnées et les épreuves d’endurance.

Comptons également parmi les différentes activités auxquelles peuvent être destinés le barbe et l’arabe-barbe: le dressage, la voltige ainsi que tous les arts équestres modernes. Épreuves auxquelles il convient de ne pas oublier le saut d’obstacles. «Malgré leurs tailles inférieures aux normes sportives, le barbe et l’arabe-barbe compensent par leur agilité à sauter, leur force et leur punch», explique Mohammed Oussidhoum. «Tant et si bien que cette discipline olympique n’est plus réservée aux seuls chevaux étrangers. C’est une bonne nouvelle !»

D’ailleurs, dans le cadre de la politique de développement de ces deux races, la SOREC travaille main dans la main avec la Fédération Royale Marocaine des Sports Équestres (FRMSE). En effet, il n’est pas rare que des épreuves spéciales soient réservées aux  barbes et à l’arabe-barbe lors de compétitions de saut d’obstacles.

Outre son utilisation moderne et traditionnelle, le barbe et l’arabe-barbe jouent également un rôle thérapeutique très important dans le traitement de certaines maladies mentales comme l’autisme. L’équithérapie s’ajoute ainsi aux différentes vocations de ces deux races. En effet, les particularités du barbe et de l’arabe-barbe, notamment la facilité de leur communication avec l’humain et leur maniabilité, font d’elles des races très recommandées pour aider les enfants aux besoins spécifiques.

Le premier meeting national du cheval barbe et arabe-barbe a été segmenté par un programme diversifié qui a permis aux éleveurs et professionnels, venus des quatre coins du Maroc, d’appréhender les possibles utilisations du cheval barbe. «Cela a été une fierté d’accueillir cette première édition au Haras National d’El Jadida» confie Mohammed Oussidhoum. «Il est évident qu’organiser une telle rencontre quatre jours durant a été un grand défi. Si on mesure l’impact apporté à la filière équine et à la stratégie de développement mise en place par la SOREC, on peut juger que le défi est relevé de belle manière. Nous avons réussi à sensibiliser les éleveurs. A eux désormais de prendre le relais de la SOREC, et contribuer efficacement à la promotion du barbe».

Il convient de saluer la qualité des échanges nés de la table ronde présidée par Omar Skalli, le Directeur général de la SOREC. Premier en son genre, ce moment de dialogue constructif a permis de débattre de l’avenir de ces deux races, avec la participation des éleveurs, des présidents des clubs et associations équestres.

Les quatre jours du meeting ont en effet été riches en moments forts. Le rideau s’est levé sur le rallye, qui représente une première étape pour l’endurance. La deuxième journée a été le théâtre de la première vente aux enchères dédiée aux barbes et arabe-barbe, permettant ainsi aux différents éleveurs, venus de tout le Royaume, d’exposer leurs chevaux. Un concours de dressage, de maniabilité et de saut d’obstacles a eu lieu le troisième jour, suivi du championnat du cheval barbe national et l’arabe-barbe, lors de la clôture d’un événement qui sera bien sûr reconduit l’année prochaine.

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Placé comme un supplément à la fin du magazine Clin d’œil, le magazine Cheval du Maroc est un rendez-vous incontournable pour les amoureux du cheval et permet, aux non initiés de découvrir la filière équine aux multiples facettes. Il participe, également, à la création d’un lien social entre les différents intervenants du monde du cheval au Royaume. Entre les courses hippiques, le développement du cheval barbe, l’utilisation traditionnelle et moderne du cheval, l’élevage équin, le Salon du Cheval d’El Jadida, le sport équestre, les métiers du cheval ou les cartes postales du cavalier marocain Kebir Ouaddar sur la route des JO de Rio, les intérêts de lecture ne manquent pas. 

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