La ferme équestre de Dar Bouazza: Mohammed El Yassini, pionnier du tourisme équestre

DÉVELOPPEMENT DU CHEVAL BARBE

Propriétaire de la ferme équestre de Dar Bouazza, Mohammed El Yassini est le pionnier du tourisme équestre au Royaume. Il a toujours su que le cheval deviendrait une grande signature du tourisme au même titre que la gastronomie ou le golf. Rien d’étonnant qu’il préside aujourd’hui la première Association Nationale Marocaine du Tourisme Equestre (ANMTE).

 

 

Ses plages, ses écoles et sa Ferme Équestre: bienvenue à Dar Bouazza ! La Ferme Équestre de Dar Bouazza est plus qu’une simple adresse dédiée au cheval, c’est un lieu de vie, un havre de paix des plus anciens de Casablanca. Certains la connaissent de réputation, d’autres y ont déjà fait escale pour quelques heures de détente. La plupart y passent la majorité de leurs moments de loisirs, tantôt seuls, tantôt accompagnés de leurs enfants. 

Convoitée non seulement par les familles de la grande ville, mais aussi des visiteurs venus de tout le  Maroc et d’ailleurs, la Ferme s’étend sur trois hectares verdoyants  dédiés au partage et  à l’amour du cheval. Le propriétaire, Mohammed El Yassini et son épouse Solange y invitent tout passionné du cheval depuis plus d’une vingtaine d’années.

Pour Mohammed, il n’y a eu qu’un seul et unique  objectif, promouvoir l’activité équestre au Maroc, et la rendre accessible à tous.  La Ferme Équestre de Dar Bouazza est bien plus qu’un club de détente. D’ailleurs Mohammed souligne que l’appellation «Ferme» n’est pas due au hasard.  Elle a été minutieusement adoptée, afin de mieux traduire sa volonté,  et celle de son épouse, de vouloir mettre à disposition de tout citoyen l’activité équestre dans toute sa splendeur.

Les propriétaires Mohammed el Yassini et son épouse proposent sur leur programme équin une variété de disciplines: dressage, endurance, randonnées et cours d’équitation à cheval et à poney. A l’entrée de la Ferme, les visiteurs remarquent l’absence de portes et de gardien. En effet, l’enceinte de la ferme est ouverte à tous et se marie harmonieusement à la nature enchanteresse. Les visiteurs y sont les bienvenus.

Cavalier de talent, moniteur reconnu, Mohammed El Yassini est surtout le pionnier du tourisme équestre au Royaume. Avant que cette activité ne soit placée au rang des causes nationales, ce précurseur au grand coeur a toujours su que le cheval deviendrait une grande signature du tourisme au même titre que la gastronomie ou le golf.

A la tête d’une grande équipée, c’est sur les contreforts du Haut-Atlas qu’il guidait les touristes amoureux du cheval et du Maroc. Rien d’étonnant qu’il préside aujourd’hui la première Association Nationale Marocaine du Tourisme Équestre.

Cela ne l’empêche pas de jongler avec ses deux passions: «enseigner» à la nouvelle génération ce que lui a appris «l’amour du cheval» et encourager le tourisme à cheval pour promouvoir son pays. Tour d’horizon…

Tous sont attirés par le cheval barbe et arabe barbe. Parce que le cheval éduque. «Il est évident que le cheval avec son ego , surtout le barbe qui reste le cheval d’école par excellence, est très sensible au tempérament de son cavalier» précise Mohammed, le regard épris de sérénité. «Savoir le contrôler est un art à part entière. Aujourd’hui, les enfants qui viennent monter à cheval à la Ferme, ne font pas que du sport. En leur apprenant à se mettre en selle sur une créature aussi complexe, on participe en partie à leur éducation...»

Il est clair que la race équine marocaine est l’une des plus intelligentes. «Le cheval n’accepte pas de se faire dominer par un cavalier plus fort, mais il est plus réceptif et protecteur quand il s’agit d’un enfant, ou d’une personne à mobilité réduite (équithérapie)» ajoute-t-il. D’ailleurs plusieurs écoles primaires ont intégré à leur programme scolaire des sorties à cheval en collaboration avec la Ferme de Dar Bouazza, pour la qualité pédagogique de la relation enfant-cheval.

A ses débuts, Mohammed s’est  nourri de la nature généreuse que lui a offert sa ville natale,  Meknès. Un amour pour le cheval, qui l’accompagne depuis son tout jeune âge. Déjà benjamin, il savait que cet animal serait son compagnon pour la vie.

Un respect pour le monde hippique qui s’exprime par la voix du Hadith:  «En tant que musulman, le prophète nous a incités à pratiquer trois disciplines : l’équitation, la natation et le tir à l’arc».

Né en 1954, Mohammed fut rapidement encouragé par son père, Miloud ancien cavalier spahi. Ce dernier, travaillant à l’époque dans les haras, l’inscrivit  au club équestre de Meknès,  à l’aube de ses  treize ans, où il fut également son premier moniteur. C’est là où le prodige de la selle a remporté  ses premiers concours et ses premières médailles.

Bientôt, la reconnaissance de son talent lui permit de se projeter plus loin dans le domaine. D’un tempérament vif et avec son esprit de challenger, Mohammed El Yassini avoue, aujourd’hui, que chacune de ses expériences à cheval est une prouesse unique quant à la qualité de complicité qui le lie à chacune de ses montures.

A l’aune de cette passion qui s’est nourrie de son envie d’enseigner, Mohammed décide alors de passer de l’apprenti au moniteur. Cette fois, il était question de véhiculer son amour pour le cheval à la nouvelle génération. Un amour tenu donc  de son père, qui chevaucha à ses côtés jusqu’à ses quatre-vingts ans. L’échec à l’examen du baccalauréat ne fait pas défaut à son enthousiasme. Au contraire, et sans aucune hésitation, il intègre la première vague de formation de moniteurs au club équestre de Dar Essalam à Rabat. Deux ans plus tard, en 1975, il est diplômé par la Fédération Royale Marocaine des Sports Equestres (FRMSE). Il commence à enseigner l’équitation, d’abord à Meknès, puis à Rabat, avant de s’installer à Marrakech.

En 1982, suite au succès de ses cours et aux encouragements des touristes européens heureux de découvrir le Maroc durant ses randonnées dans le Haut Atlas, il participe à la création du premier centre de tourisme équestre, avec le propriétaire de la Roseraie à Marrakech. Un centre qu’il a baptisé Randonnées Equestres du Haut Atlas (REHA), et qui offrait des circuits de découverte sur l’ensemble du Royaume. Mohammed devient le premier guide du tourisme équestre dans tout le royaume. Cette réussite, Mohammed la doit à sa femme, aussi passionnée que lui par l’animal noble

Ce nouvel horizon alimente son ambition. «Au Maroc, il existe deux types de pratiques : l’équitation sportive et l’équitation traditionnelle (la Fantasia)» précise Mohammed. «Même si la Fantasia se développe progressivement depuis le lancement du Salon du Cheval d’El Jadida, elle est toujours considérée comme un Folklore. C’est dommage. En la modernisant et en la valorisant, on peut facilement l’exporter. La filière équine n’a pas toujours fait les bons choix dans le passé...»

Voici une réflexion qui peine notre cavalier, lui qui a toujours essayé de se remettre en cause. Après 17 ans de monitorat, il se lance dans le dressage de chevaux pour le septième art. Ainsi, il s’aventure de concours en randonnées, de randonnées en tournages cinématographiques.

Avec un succès qui ne se dément pas. «Mon père m’a dit que le barbe est un cheval qui meurt mais qui ne vieillit pas» dit Mohammed. «Il faut avoir de l’ambition pour le cheval au Maroc. Depuis la création du Salon du Cheval d’El Jadida, la filière équine a beaucoup évolué sous l’égide de la grande volonté du Prince Moulay Abdellah, président de FRMSE, et sous l’impulsion de la SOREC. Désormais, il faut profiter de la qualification de Kebir Ouaddar pour les JO de Rio pour investir encore plus dans la promotion du patrimoine équin.»

Mohammed mise sur les qualités du cheval barbe et sur le sens légendaire du sourire, du sens du service, de l’accueil des Marocains pour séduire les touristes locaux et internationaux. «Il faut commencer par la promotion du tourisme équestre et l’équitation de loisirs pour les Marocains qui sont encore fort réservés par rapport à cette pratique» regrette Mohammed. «Il est urgent d’organiser ce secteur d’activités afin de donner confiance aux Marocains et l’envie d’être nos meilleurs prescripteurs.»

Quand il s’agit de cheval, Mohammed ne manque pas d’idées. A 60 ans, à l’âge de la retraite, il s’engage dans une nouvelle aventure. Il préside actuellement l’Association Nationale Marocaine du Tourisme Equestre, première dans son genre, lancée il y a quelques mois.

La promotion du tourisme équestre nécessite la fusion de toutes les énergies. «Plusieurs formations ont déjà été déployées au niveau national au profit des  cavaliers indépendants» explique Mohammed. «Elles ont pour objectif d’unifier la qualité de prestations proposées pour les bénéficiaires afin d’encourager le tourisme équestre dans tout le pays avec des cartes, des difficultés.»

Pour Mohammed, le cheval, c’est la vie. Il ose une métaphore. «Chaque compétition peut être comparée à la vie» dit-il. «Le départ d’un parcours d’obstacles, c’est la naissance. A la fin de parcours, soit on meurt avec succès et satisfaction, soit on meurt sans atteindre ses objectifs». Moniteur-éducateur à la Ferme Équestre de Dar Bouazza et puis président de la première et unique association de tourisme équestre au Maroc, Mohammed ne s’arrêtera pas là.  Il se penche sur d’autres disciplines qui ne sont pas encore connues dans le pays,  à l’image  du dressage académique et de l’endurance équestre.

Précurseur un jour, précurseur toujours...

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Placé comme un supplément à la fin du magazine Clin d’œil, le magazine Cheval du Maroc est un rendez-vous incontournable pour les amoureux du cheval et permet, aux non initiés de découvrir la filière équine aux multiples facettes. Il participe, également, à la création d’un lien social entre les différents intervenants du monde du cheval au Royaume. Entre les courses hippiques, le développement du cheval barbe, l’utilisation traditionnelle et moderne du cheval, l’élevage équin, le Salon du Cheval d’El Jadida, le sport équestre, les métiers du cheval ou les cartes postales du cavalier marocain Kebir Ouaddar sur la route des JO de Rio, les intérêts de lecture ne manquent pas. 

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