Institut agronomique et vétérinaire Hassan II: le cheval a sa nouvelle clinique

FILIÉRE ÉQUINE

S’il fallait chercher un symbole du développement de la filière cheval au Royaume,  de la qualité de ses nouvelles structures, de son exigence sanitaire et pédagogique, on le trouverait sans doute, à Rabat, à l’institut agronomique et vétérinaire (IAV) Hassan II, et plus précisément du côté de la nouvelle clinique vétérinaire équine inaugurée, en septembre 2016.

La décision de construire une nouvelle clinique dédiée au cheval a été prise en 2015. Située dans le quartier très vert Madinat Al Irfane, en plein cœur d’un pôle universitaire, la clinique a un emplacement idoine dans la Capitale, à proximité des quartiers de l'Agdal et de Hay Riad.

Fruit d’une convention cadre signée entre la SOREC et l’IAV Hassan II, la nouvelle clinique équine a enregistré plus de 150 cas d’interventions médicales et chirurgicales, après six mois d’activité seulement. «Un chiffre qui n’est pas négligeable» souligne le Professeur Mohammed Piro, chef du Laboratoire d’Analyses Génétiques Vétérinaires. «Pour être sincère, nous imaginions le réaliser sur une année d’activité.»

Les prévisions ont été dépassées non seulement avec les chevaux du club Al Harka de l’Institut mais aussi avec ceux des élevages voisins. Et comme la SOREC a aussi fourni des chevaux à l’Institut vétérinaire, les étudiants ne pouvaient rêver meilleure formation. «Nous accueillons également tous les cas de chevaux quelles que soient leurs origines pour consultations et chirurgie» dit le Professeur Mohammed Piro. «Nous avons soigné beaucoup de chevaux de course en provenance d’El Jadida et Bir Jdid. Et nous avons effectué énormément de consultations pour les chevaux de fantasia. Du coup, les étudiants ont pu manipuler les chevaux, faire des échographies, faire des radios. C’est aussi une de nos missions.»

Forcément, l’emploi du temps de la clinique est aussi chargé qu’un emballage final sur la ligne droite de l’hippodrome Casablanca-Anfa. «Nous réalisons 2 à 3 interventions chirurgicales par semaine», poursuit le Professeur Piro.

Lui-même, ex-lauréat de l’IAV, le Professeur Piro, a eu son diplôme en 1998.  Il a été recruté par l’IAV en 2001, en tant que maître assistant. Il a soutenu son doctorat en 2010. En 2014, il a eu son habilitation universitaire. «Avec la clinique de Dar Essalam, la clinique de la garde royale et celle de l’Ecole Royale de Cavalerie, la nouvelle clinique de l’IAV est la plus grande clinique du Royaume» assure-t-il. C’est qu’elle est dotée d’équipements ultra-modernes avec deux salles de consultations, une salle de chirurgie debout et une autre de chirurgie couchée, un bloc chirurgical complet, une salle de radiographie, une salle d’IRM, des bureaux, des salles de réunions...

Il convient de ne pas oublier le Laboratoire  d’Analyses Vétérinaires. Situé dans l’enceinte même de la clinique, c’est l’un des plus importants du Royaume. Équipé des dernières technologies présentes sur le marché, le Laboratoire est le seul au Maroc à permettre la recherche des filiations équines et l’identification ADN. C’est ici que se font les analyses biochimiques vétérinaires (chevaux et petits animaux), la parasitoogie et la recherche de virus et bacteries par PCR temps réel.

Le développement de ces infrastructures tombe à point nommé pour accompagner l’essor de la filière équine. «Nous devons adapter nos structures à la politique de la filière équine: l’attribution des primes à la naissance, le développement des importations, l’amélioration génétique avec l’apport de nouveaux géniteurs» confirme le Professeur Piro. «Toutes les naissances sont contrôlées du côté du père et de la mère aussi. Ceci est d’une importance majeure sur le plan international pour connaître le pedigree et pour éviter qu’il y ait des fraudes.»

Si la mise en place d’une clinique spécialisée dédiée au cheval a permis à l’Institut vétérinaire Hassan II de doubler sa capacité d’accueil médical et ses performances, elle ne doit pas masquer  le rôle pédagogique ô combien important et capital qu’elle offre à ses étudiants.

Le Pr Piro est fier des conditions de travail des étudiants. «Dès leur cinquième année, les lauréats de l’Institut ont la possibilité de faire des travaux d’observations et de pratique directement sur les chevaux», explique le Pr Piro. «Durant les séances cliniques, les futurs lauréats de l’IAV font eux-mêmes les examens, les imageries, les échographies, les radiographies et les interprétations. Ils ont aussi l’occasion de faire des manipulations sur les membres de chevaux récupérés à l’abattoir».

Ces «séances cliniques» sont alors dispensées par petits groupes de quatre étudiants. Invités à l’un de ces cours, - sur l’anesthésie équine-,  nous avons fait la rencontre de Chajia Meriem, étudiante en cinquième année. La vétérinaire en herbe n’a pas caché son enthousiasme à suivre au plus près les interventions chirurgicales.  «Avant, on utilisait la petite clinique annexe pour les chevaux, qui faisait partie des locaux de la clinique vétérinaire des petits animaux de l’IAV» précise Meriem pour mettre en lumière la chemin parcouru dans le secteur pédagogique. «La nouvelle clinique dispose d’un matériel de pointe qui nous permet de coller au développement de la filière».

Sa collègue Amira Belhaj, en cinquième année également, est tout aussi laudatrice. Véritable passionnée des équidés, elle a décidé de devenir vétérinaire spécialisée des chevaux, contrairement à Meriem dont la première motivation est de soigner les petits animaux. «J’ai vraiment de la chance que ma cinquième année coïncide avec le lancement de l’activité de la clinique» se félicite Amira. «J’ai eu l’occasion d’assister à des vraies chirurgies de grande importance. Je m’estime heureuse aussi de pouvoir profiter d’un matériel récent et sophistiqué, notamment l’arthroscopie, l’endoscopie. Nous sommes également initiés à un nouveau système informatisé en radioscopie qui nous sera fortement utile dans nos cabinets futurs».

La nouvelle clinique vétérinaire équine de l’IAV ne veut pas s’arrêter là. Les responsables projettent de doubler l’année prochaine le nombre des chevaux traités et de le tripler à l’horizon fin d’année 2018. A l’image de toute la filière équine, la clinique équine de l’IAV voit plus loin, plus haut, plus fort.

 

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