Élevage, modernité et tradition au Haras de Bouznikka

FILIÉRE ÉQUINE

Véritable ruche de reproduction des meilleurs spécimens du cheval barbe, le Haras National de Bouznika est l’une des plus modernes institutions équestres du Royaume. En hébergeant, sur les terres d’une vieille kasbah militaire, le Centre National d’Insémination Artificielle Equine de Bouznika et le centre de promotion de l’élevage équin, le haras possède des capacités de reproduction équine uniques en Afrique Nord. Et ce d'autant que la nouvelle extension permet une croissance de la production des juments d’une valeur génétique très élevée...

 

 

A l’ombre de l’architecture d’une vieille kasbah, pas très loin du Haras Royal se dresse un espace où l’on rencontre les meilleurs étalons arabe-barbes. Il s’agit du Haras National de Bouznika. Ancestral par son histoire, il est considéré comme l’une des plus modernes institutions équestres du Royaume.

En termes d’infrastructures, il est doté des plus récentes technologies en matière de reproduction équine. Ainsi, avec ses deux centres pour promouvoir la reproduction et l’élevage, le Haras National de Bouznika s’est également donné la mission de préserver la race barbe à fin d’excellence.

Construit en 1993, après la décision de sa Majesté Feu le Roi Hassan II, le Haras de Bouznika a pris siège sur les terres d’une vieille kasbah militaire. Celle-ci date du règne de Moulay Ismail. A l’époque, l’enceinte était destinée à préserver et à protéger les caravanes commerciales. A noter que l’enceinte de Bouznika est le seul haras construit en période post-occupation.

Aujourd’hui et depuis 1994, la date de son ouverture, le Haras de Bouznika représente une vraie ruche de reproduction des meilleurs spécimens du cheval barbe. Dire qu’il domine actuellement tous les élevages des autres régions revient à enfoncer une porte ouverte.

C’est non seulement sa proximité avec le Haras Royal qui a motivé la décision de sa création mais aussi  la nécessité impérieuse de mettre en place un centre équestre destiné à  chapeauter tous les encadrements équins du pays. Outre sa position géographique privilégiée, c’est sa superficie unique (huit hectares) qui le place au cœur de toutes les activités équestres du Royaume.

Il ne faut pas oublier de préciser aussi - et ce n’est pas la moindre des spécificités - que le Haras National de Bouznika abrite dans ses locaux deux autres entités. On citera en premier lieu le Centre National d’Insémination Artificielle Equine de Bouznika (CNIAEB). Ce dernier permet de contrôler la qualité de production et de mise en place de semences congelées équines, ce qui permet de produire des semences et des étalons de haute qualité génétique. Créé en 2002, c’est le seul centre agréé par l’état marocain.  Et comme les procédés utilisés sont entièrement conformes aux normes de l’Union Européenne, on comprend mieux l’importance stratégique du CNIAEB. Dès son ouverture en 2003, il fut, en effet, agréé par une commission européenne pour l’export de semences.

Fierté parmi tant d’autres, le Maroc est le premier pays d’Afrique du Nord à se doter de pareille installation. Parmi les principales activités du CNIAEB, la manipulation de la semence congelée et l’encadrement des centres de mise en place privés méritent qu’on s’y attarde. Le CNIAEB propose également d’autres prestations, à l’échelle nationale et internationale, citons l’importation, la production, le stockage ainsi que l’expédition des semences congelées.

Enfin, en second lieu, il convient de parler du Centre de Promotion de l’Élevage Équin (CPEE), au Haras National de Bouznika. Au niveau de ce dernier, on procède à la reproduction soit par semence fraiche, soit congelée.

Cela aurait été mal connaître la Société Royale d’Encouragement du Cheval (SOREC) qui préside aux destinées du Haras National de Bouznika - ainsi que de celui d’Oujda, d’El Jadida, de Meknès et de Marrakech - depuis 2011 et les instructions d’Aziz Akhannouch, Ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, d’imaginer que ses dirigeants allaient s’endormir sur les beaux lauriers de Bouznika. 

Loin s’en faut ! Depuis un peu plus d’un an et demi, les locaux du Haras National de Bouznika ont, au contraire, changé de manière assez incroyable.

La mise en œuvre du projet d’extension en 2014 a surtout répondu à une grande demande de croissance. Quantitativement, l’augmentation considérable de la production de chevaux, durant les cinq dernières années, a souligné une hausse de 120%. Du coup, il était nécessaire de prévoir plus d’écuries pour les générations à venir.

D’un point de vue qualitatif, le nouvel objectif est la production de juments d’une valeur génétique très élevée. Ainsi, il était nécessaire d’améliorer les infrastructures et d’apporter de nouvelles technologies destinées à la manipulation des semences.

Un résultat d’autant plus satisfaisant que la  nouvelle extension a permis au Haras National de Bouznika de se mettre en conformité avec les normes internationales, que ce soit en termes de superficie, de luminosité, et même d’aération.

Quant aux éleveurs, ils ont désormais un exemple concret à suivre pour la bonne alimentation à offrir à leurs montures, ainsi que les plus récentes techniques d’élevage.

Actuellement, le Haras compte 4 écuries. Chacune d’elles contient 24 boxes en plus d’un box de poulinage. Les écuries sont dotées également de 2 magasins de stockage d’aliments, 4 boxes d’isolement et environ 3,2 hectares de paddocks pour étalons et juments, ainsi qu’une chambre de palefrenier et une aire de douche.

Le succès fut immédiat. Deux semaines seulement après l’inauguration officielle de l’extension, en 2015, le taux de remplissage était déjà de 30%. Un taux qui n’est pas anodin. L’extension du Haras a bien rempli ses objectifs à savoir fournir dans un premier temps une plus grande efficacité au travail des équipes de la SOREC. Elle a permis également de mettre à disposition des éleveurs une infrastructure mieux adaptée. Par rapport au service, la pension complète est de plus en plus proposée pour les éleveurs qui voient leurs charges de transport diminuer considérablement.

Même les juments de qualité y trouvent leur  bonheur. Ce qui a permis d’augmenter leurs taux de fertilité. Les travaux ont en effet permis l’augmentation des facteurs de confort et de bien-être des juments, ainsi que la mise en place   d’une gestion efficiente des étalons. Pas étonnant que Bouznika renforce son image de ville balnéaire dédiée au cheval.

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Placé comme un supplément à la fin du magazine Clin d’œil, le magazine Cheval du Maroc est un rendez-vous incontournable pour les amoureux du cheval et permet, aux non initiés de découvrir la filière équine aux multiples facettes. Il participe, également, à la création d’un lien social entre les différents intervenants du monde du cheval au Royaume. Entre les courses hippiques, le développement du cheval barbe, l’utilisation traditionnelle et moderne du cheval, l’élevage équin, le Salon du Cheval d’El Jadida, le sport équestre, les métiers du cheval ou les cartes postales du cavalier marocain Kebir Ouaddar sur la route des JO de Rio, les intérêts de lecture ne manquent pas. 

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